Lien vers l’article en anglais : https://link.springer.com/article/10.1007/s00787-017-0988-9

La présente étude vise à déterminer dans quelle mesure le retrait relationnel à l’âge d’un an est associé au QI de l’enfant à la fin de la période préscolaire. Au total, 1 045 enfants de la cohorte mère-enfant EDEN ont été évalués pour les comportements de retrait relationnel à l’âge d’un an par des sages-femmes formées, en utilisant l’échelle Alarm Distress BaBy (ADBB). Les sages-femmes ont également examiné le développement du langage et des capacités motrices des nourrissons à cet âge. À l’âge de 5-6 ans, les scores de QI ont été basés sur le WPPSI-III.

Après ajustement pour un large éventail de facteurs environnementaux pré- et postnataux, et pour les scores de compétences linguistiques et motrices à un an, les enfants présentant un retrait relationnel à un an (ADBB ≥5; N = 195) avaient des scores de QI significativement plus bas à 5-6 ans (−2,81 points de QI; p = 0,007) par rapport aux enfants sans retrait relationnel (ADBB <5; N = 847). Lorsque les compétences motrices et linguistiques à un an étaient incluses dans le modèle précédent, aucune association entre le retrait relationnel et le QI à 5-6 ans n’a été trouvée.

Le fait d’être en retrait relationnel à un an est associé à des scores de QI plus bas à 5-6 ans. L’influence potentielle de ces aspects développementaux les uns sur les autres (comportement de retrait et compétences en langage/motricité) peut survenir tôt dans le développement. Nos résultats améliorent notre compréhension des conséquences du retrait social précoce et appellent à une détection précoce des retards dans l’acquisition des compétences en langage et motricité chez les jeunes enfants socialement retirés.

Mon avis en tant qu’expert sur le sujet:
Cette étude met en lumière un aspect souvent négligé du développement de l’enfant : l’impact du retrait relationnel sur le QI. En tant que clinicien et expert dans ce domaine, je trouve ces résultats particulièrement pertinents pour la pratique clinique. Ils soulignent l’importance d’une évaluation et d’une intervention précoces, non seulement pour le retrait relationnel lui-même, mais aussi pour les compétences linguistiques et motrices qui peuvent être liées. Cette recherche renforce l’idée que le développement de l’enfant est un processus interconnecté, où un domaine peut influencer un autre. Elle souligne la nécessité d’une approche holistique dans l’évaluation et le soutien du développement sain de l’enfant.